En bref
- Boîte ciselée à la main, chaque pièce différente
- Série limitée à 100 exemplaires
- Commandes ouvertes le 8 juillet 2026
Dans l’horlogerie, la perfection industrielle fait souvent la loi. Anoma, elle, prend le contrepied avec une A1 Prehistoric dont la boîte accepte l’irrégulier, la trace du choc, presque la cicatrice. C’est rare, et c’est là que la montre devient intéressante.
Une montre qui assume l’accident de la main
La base reste celle de l’A1, cette silhouette asymétrique inspirée des années 1950. Mais sur cette version, Anoma confie la boîte triangulaire en acier inoxydable à l’artisan graveur français Steven Brunel, qui la transforme à la main à coups de ciseau.
Le travail prend environ cinq heures par montre. Des centaines d’impacts retirent de la matière jusqu’à faire émerger une surface qui évoque des outils taillés de la préhistoire. Résultat, des facettes inégales, un jeu de lumière très mobile et, surtout, des montres toutes légèrement différentes. Dans un secteur réglé au micron, cette liberté visuelle tranche franchement.

Brancusi, les outils anciens et le cadran gris
L’idée n’arrive pas de nulle part. L’A1 originelle puisait déjà chez Constantin Brancusi, notamment dans sa manière de suggérer la tension et le mouvement. Or le sculpteur collectionnait aussi des artefacts humains primitifs, qu’il voyait comme des formes de créativité parmi les plus pures.
La Prehistoric pousse cette piste jusqu’au bout. La finition de boîte rappelle le débitage des pointes de flèche ou des haches en silex, transposé ici à l’acier. Et le cadran suit la même logique, chaque trait du motif soleillé étant découpé à la main dans une plaque de laiton, puis recouvert d’un gris sombre pensé pour rappeler l’obsidienne et le silex.
Une base technique connue, toujours très fine
Sous cette exécution très expressive, la fiche technique bouge peu. Le boîtier mesure 39 mm par 38 mm, pour 9,45 mm d’épaisseur. Sans cornes, avec une légère courbure, il se porte plus petit que ses dimensions ne le laissent croire.
À l’intérieur, on retrouve le Sellita SW100, un mouvement automatique de 17,5 mm de diamètre. Il bat à 28 800 alternances par heure, offre 38 heures de réserve de marche et n’affiche ici que les heures et les minutes, la trotteuse centrale ayant été supprimée au profit d’un capuchon rond. Verre saphir, étanchéité à 50 mètres, bracelet en cuir gris, rien de superflu.

Prix, série limitée et calendrier
Anoma fixe le prix à environ 3 400 euros (2 900 £), hors taxes. C’est environ 820 euros (700 £) de plus que l’A1 Optical, mais le surcoût se comprend au vu du travail manuel engagé sur la boîte et sur le cadran.
Seulement 100 pièces sont prévues. Les commandes ouvriront le 8 juillet 2026, pour des livraisons annoncées en octobre 2026. Même la boucle ardillon asymétrique reçoit la même finition ciselée. Un détail, pas vraiment.