En bref
- Ian Schrager ouvre son second Public à Los Angeles
- Chambres avec projecteur 4K et écran géant intégré
- Un parc rooftop remplace une partie des codes du luxe
Comptez environ 416 euros par nuit (450$) pour entrer dans l’univers de Public West Hollywood. Le nouvel hôtel d’Ian Schrager, ouvert ce mois-ci à Los Angeles, ne cherche pas à empiler les signes convenus du palace. Pas de chef star, pas de comptoir de réception classique, pas de téléviseur trônant dans la chambre. L’idée, assumée, consiste à retirer ce que le fondateur juge superflu pour garder le confort, le rythme et le plaisir d’usage.
Un luxe allégé, pas vraiment abordable
Avec Public, Ian Schrager défend depuis plus de dix ans une formule de luxe censée être ouverte à tous. Dans les faits, le tarif ne la rend pas démocratique. Mais il reste plus contenu que celui de pas mal d’adresses haut de gamme de la ville.
Le projet prolonge une trajectoire connue. Cofondateur du Studio 54 en 1977, puis acteur majeur du boutique-hôtel avec l’ouverture du Morgans en 1982, Schrager travaille l’hôtellerie, la restauration et la nuit depuis près d’un demi-siècle. Ici, il dit vouloir tracer sa propre voie, fidèle à une méthode simple, faire autrement que le marché.

Le toit comme cœur battant de l’adresse
Le point le plus frappant n’est peut-être pas dans les chambres. Il est dehors. Environ 75% des espaces publics de l’hôtel sont extérieurs, avec en pièce maîtresse un parc privé sur le toit de quelque 3 035 m².
Depuis ce rooftop, la vue ouvre sur les Hollywood Hills, le centre de Los Angeles et l’ensemble du bassin de LA. Le lieu reprend des références à Central Park, Hyde Park et Griffith Park. On y trouve des activités sportives, des séances de bien-être quotidiennes, des pique-niques, des feux de camp et des installations artistiques. Un écran extérieur de neuf mètres complète l’ensemble pour les projections et les événements privés. Clairement, l’adresse assume un ancrage très sud-californien.
Des chambres pensées comme des salles de projection privées
À l’intérieur, Public West Hollywood applique une logique que Schrager qualifie d’anti-design. Le mot compte moins que l’effet recherché, simplicité, aisance, confort. La chambre ne doit pas seulement être belle, elle doit bien fonctionner.
Résultat, pas de télévision murale. Chaque chambre intègre une surface de projection du sol au plafond de 3,35 mètres de large, associée à un projecteur laser courte focale en 4K. En plein Hollywood, la proposition a du sens, transformer la chambre en salle de projection privée. Ces espaces sont aussi pensés pour travailler, recevoir, dormir ou regarder un film sans cloisonner les usages.

La nuit selon Schrager, et une critique du luxe formaté
La nuit reste centrale dans la vision d’Ian Schrager. L’hôtel abrite un club au format speakeasy, sans lumières agressives, avec des intérieurs sombres et un travail poussé sur l’acoustique. Il décrit l’expérience ainsi, « comme danser dans une scène sonore immersive fermée, où l’on peut sentir les vibrations de la musique autant qu’on les entend ».
L’inspiration du Studio 54 affleure, mais le nouveau lieu mise moins sur les effets voyants que sur l’immersion sensorielle. Derrière ce parti pris, Schrager cible aussi une hôtellerie de luxe hôtelier qu’il juge de plus en plus standardisée. Il résume sa ligne sans détour, « J’ai toujours cherché à aller là où personne n’est allé, à rester seul, à être toujours subversif face au statu quo ». La suite se jouera là, voir si ce refus des automatismes peut vraiment durer dans une industrie qui adore les recettes.