En bref
- Jaquet Droz crée une montre unique pour TimeForArt
- Cadran d’artiste, émail grand feu et disques traînants
- Vente prévue à New York le 5 décembre 2026
Jaquet Droz participera à TimeForArt avec une pièce unique qui tranche avec ses habitudes, sans renier son savoir-faire. La montre, baptisée Petite Heure Minute Les Volumes du Temps, sera proposée le 5 décembre 2026 lors de The New York Watch Auction XV, organisée par Phillips à New York.
Une pièce pensée pour la vente new-yorkaise
Cette édition 2026 de TimeForArt, la troisième, réunira 26 maisons, chacune avec une création unique. Les fonds doivent soutenir de jeunes artistes via le Swiss Institute. Pour Jaquet Droz, l’estimation annoncée se situe entre environ 106000 et 159000 euros (100000 à 150000 CHF).
Le cadre compte, quand même. Ici, la montre n’est pas seulement un objet de collection, elle porte aussi une fonction de mécénat clairement assumée par la maison.

Un cadran signé Fiona Djukanovic
Le point de départ, c’est le cadran. Son dessin vient de Fiona Djukanovic, étudiante à l’Académie de Meuron de Neuchâtel. Elle imagine une composition en X, percée de deux ouvertures, l’une pour les heures, l’autre pour les minutes.
Ce choix change le visage de la montre. On reste dans l’univers décoratif de Jaquet Droz, mais avec une retenue assez rare chez la marque. Ici, pas de scène figurative foisonnante. La géométrie abstraite domine, avec des nuances de bleu et un vrai sens du volume.
L’émail comme architecture
La maison met en avant son travail des métiers d’art, en particulier l’émail grand feu. Le cadran combine du champlevé et du flinqué sur une gravure réalisée à la main, pour accentuer la profondeur de la construction.
Deux plaques triangulaires en relief partent d’un sommet central puis s’affinent vers la périphérie. Leurs arêtes, biseautées et brossées, encadrent un décor soleil gravé à la main avant l’émaillage. Plus bas, 40 parallélépipèdes forment un motif comme pavé, au-dessus et au-dessous des disques d’affichage. Après cuisson, l’ensemble est poli à fleur des reliefs, ce qui donne une surface lisse, presque miroir. Même les disques reçoivent une finition soleil appliquée à la main, avec des reflets qui changent selon le niveau du cadran.

Une lecture du temps sans aiguilles
Pas d’aiguilles classiques ici. Les heures et les minutes s’affichent sur des disques traînants qui avancent progressivement au lieu de sauter d’un chiffre à l’autre. Cette solution reprend le principe vu l’an dernier sur l’Ophidian Hour, grâce à un module adapté sur une variante du calibre maison JD2653, ici référencé JD2653.
Le mouvement automatique descend du Frédéric Piguet 1150, une architecture à double barillet utilisée depuis près de quarante ans par des noms comme Blancpain ou Urban Jürgensen. Le reste est à l’avenant, sobrement luxueux, avec un boîtier de 41 mm en or gris 18 carats, 13,78 mm d’épaisseur, une réserve de marche de 68 heures, une fréquence de 4 Hz, un verre saphir, une étanchéité de 30 mètres et un bracelet en cuir motif avec boucle déployante en or rouge 18 carats.