En bref
- Le V8 du Defender OCTA perd 93 ch
- L’Europe impose un recalibrage pour l’Euro 6e-bis
- Le couple reste intact à 750 Nm
Presque 100 ch envolés. Pour le Land Rover Defender OCTA, la coupe est sévère sur plusieurs marchés, dont l’Europe, où le V8 d’origine BMW doit désormais composer avec des règles d’émissions plus strictes.
Une baisse nette, et des performances qui reculent
Jusqu’ici, le bloc V8 biturbo de 4,4 litres livrait 626 ch. Il tombe maintenant à 533 ch, soit une perte de 93 ch. Le résultat se voit tout de suite sur la fiche technique. Le 0 à 100 km/h réclame désormais 4,4 secondes, contre 4,0 secondes auparavant.
Ce n’est pas anodin pour un modèle qui faisait justement de son excès mécanique une partie de son attrait. Sur un Defender OCTA, la fiche de puissance compte, clairement, autant que le style ou la présence.
Le couple tient, la sonorité change
Tout n’a pas bougé. Land Rover conserve 750 Nm de couple, ce qui limite la casse à l’usage. La baisse touche donc la puissance, pas le couple, afin de satisfaire à la norme Euro 6e-bis.
La marque a aussi revu l’échappement. L’idée, selon ses ingénieurs, est de donner au V8 mild-hybrid une voix plus profonde, plus affirmée. Bon, cela ne remplace pas 93 ch, mais sur ce type d’auto, le caractère passe aussi par la bande-son.
Pourquoi le Defender est plus touché que la BMW M5
Le mouvement n’a rien d’isolé. Plus tôt cette année, BMW a lui aussi dû dégonfler ce même V8 sur la M5 vendue en Europe. Mais la baisse y était plus limitée, à 41 ch.
La différence tient à l’architecture. Sur la M5, le moteur électrique a permis de compenser la perte du thermique et de maintenir la puissance cumulée. Le Defender OCTA, lui, repose sur un V8 seul, sans chaîne hybride rechargeable. Du coup, impossible de masquer la cure d’amaigrissement.
Un V8 encore vivant, mais sous pression
Ce V8 S68 ne disparaît pas pour autant. On le retrouve aussi dans le Range Rover et le Range Rover Sport, et il a déjà été préparé pour la future norme Euro 7. Sa carrière pourrait donc se prolonger jusqu’aux années 2030. BMW prévoit d’ailleurs de l’installer ensuite dans les futures versions M Performance des nouveaux X5, X7 de deuxième génération et de la Série 7 restylée.
Mais le cadre se resserre. D’ici 2035, les constructeurs vendant en Europe devront réduire de 90 % les émissions de CO2 de leur flotte par rapport à 2021. Faute de quoi, ils s’exposent à de lourdes amendes, sauf exceptions pour certains faibles volumes. Voilà pourquoi même les plus beaux V8, et jusqu’aux V12 de Rolls-Royce ou Maybach, avancent désormais avec un calendrier réglementaire dans le rétroviseur.