En bref
- Cadran en marqueterie de 27 éléments
- Édition limitée à 86 exemplaires
- Calibre automatique 501P1 assez classique
Les cadrans en pierre sont partout, ou presque. Avec cette nouvelle Piaget Andy Warhol « Camouflage », Piaget rappelle qu’il ne suffit pas de découper une belle tranche minérale pour signer une pièce convaincante.
Un cadran qui va bien plus loin que la pierre décorative
Ici, la maison assemble un cadran en marqueterie de pierre formé de 27 éléments, entre sodalite, turquoise et or. L’idée n’est pas neuve chez Piaget, pionnier du genre dès les années 1960, mais l’exécution gagne clairement en ambition avec ce motif de camouflage traduit à petite échelle.
Le résultat tient surtout à la variété des matières. La sodalite pose ses zones bleu profond et légèrement veinées, la turquoise éclaire l’ensemble avec des plages plus franches, pendant que l’or jaune brossé et les incrustations d’or rose poli changent la lecture de surface. Ce jeu de textures compte autant que la couleur. Et c’est ce qui donne du relief à la pièce.
La difficulté, elle, saute presque aux yeux. Les composants sont fins, irréguliers, parfois très étroits, avec des jonctions complexes. Sur un matériau cassant par nature, ce n’est pas anodin.

Warhol, le camouflage et le paradoxe de la reproduction
Le motif renvoie aux œuvres Camouflage qu’Andy Warhol commence en 1986, parmi les dernières de sa carrière. Le dessin vient d’un véritable tissu militaire acheté par son assistant Jay Shriver dans une boutique de surplus de Manhattan.
Chez Warhol, ce camouflage gardait quelque chose de très quotidien tout en basculant dans une palette artificielle, presque voyante. Piaget ne reprend pas les autoportraits tardifs de l’artiste au sens littéral, mais isole ce motif pour l’adapter au format d’une montre.
C’est là que la pièce devient intéressante. Warhol travaillait volontiers la répétition et la variation chromatique par la sérigraphie. La marqueterie de pierre fait exactement l’inverse, chaque cadran demande des heures de travail et ne se répète jamais avec la même facilité.

Une boîte familière, une édition limitée, un mouvement plus discret
Cette version prend place dans le boîtier coussin de 45 mm en or gris 18 carats déjà connu, anciennement associé à la ligne Black Tie Vintage avant que Piaget n’obtienne en 2024 les droits d’utiliser le nom d’Andy Warhol. Le lien n’a rien d’artificiel, l’artiste collectionnait les montres de la marque, notamment la référence 15102 dont ce modèle dérive.
Malgré son gabarit, la montre promet un porté moins imposant que le chiffre ne le laisse croire, grâce à des attaches intégrées, un fond plein en or et une lunette à degrés qui équilibrent bien l’ensemble. Bon point aussi pour la finesse, avec 8,08 mm d’épaisseur.
À l’intérieur, le calibre automatique 501P1 assure heures et minutes, à 4 Hz, avec 40 heures de réserve de marche. Efficace, mais pas mémorable. La montre sera produite à 86 exemplaires, en hommage à l’année où Warhol lance cette série. Prix sur demande, en boutiques Piaget et chez les détaillants de la maison.