En bref
- Une Excalibur samouraï limitée à 28 exemplaires
- Douze casques gravés main en or rose
- Mécanique simple, exécution très haut de gamme
Il y a des montres qui se jugent au calibre. Et d’autres, plus rares, qui demandent un autre regard. La nouvelle Excalibur The Kabuto Legacy de Roger Dubuis, éditée à 28 pièces, appartient clairement à cette seconde famille.
La maison reprend la base de sa collection Knights of the Round Table, mais remplace les chevaliers par douze kabuto, les casques emblématiques des samouraïs. Le propos est limpide, faire du boîtier une scène miniature. Pour un amateur de fiches techniques pures, l’objet pourra sembler désarmant. Pour un collectionneur sensible aux métiers d’art, c’est une autre histoire.
Une Excalibur qui assume d’abord sa dimension artistique
Ici, la valeur de la pièce ne repose pas sur une complication spectaculaire. Elle tient dans la qualité d’exécution, dans la force du thème, et dans cette capacité assez rare à transformer une montre en petit théâtre sculpté. Le motif samouraï peut laisser certains indifférents, mais le niveau de travail, lui, saute aux yeux.
Le cadran met en scène une interprétation contemporaine d’un château de l’époque Edo. Minimaliste, presque facetté selon certains angles, il apporte un contraste réussi avec le réalisme des casques.
Douze kabuto, douze figures de l’histoire japonaise
Chaque index prend la forme d’un casque différent, tous gravés à la main dans de l’or rose 18 carats. Tokugawa Ieyasu apparaît à 12 heures avec des frondes de fougère sur son maedate. À 11 heures, le casque de Kato Yoshiaki se distingue par ses ornements en queue d’oiseau.
On retrouve aussi Date Masamune, dont le casque porte un croissant de lune, alors que son emblème familial diffère. Les autres figures représentées sont Honda Tadakatsu, Asano Nagamasa, Hosokawa Tadaoki, II Naomasa, Kuroda Nagamasa, Itakura Katsushige, Sakakibara Yasumasa, Mizuno Katsunari et Sakai Tadakatsu.
Pour garantir la justesse historique, Roger Dubuis a travaillé avec Frederik Cryns, auteur du livre qui a inspiré la série Shōgun. Chaque casque a demandé deux à trois jours de travail.

Un château d’Edo au centre d’un boîtier spectaculaire
Le boîtier reste celui des KRT, en 45 mm de diamètre pour 16,87 mm d’épaisseur, avec or rose 18 carats et saphir. C’est massif, oui. Mais cette hauteur sert la pièce, notamment grâce à la bague de saphir placée sous la lunette, qui fait entrer la lumière sur les sculptures.
Même le bracelet suit le thème, avec des surpiqûres et des panneaux de cuir superposés inspirés d’une armure de samouraï. Roger Dubuis y ajoute son système de changement rapide.
Un mouvement simple, mais une finition à la hauteur
À l’intérieur, on trouve le calibre maison RD821, un automatique à deux aiguilles, 4 Hz et 48 heures de réserve de marche. Rien d’extravagant côté architecture mécanique, même si la construction, l’assemblage et les finitions lui permettent d’obtenir le Poinçon de Genève.
Le rotor, plus démonstratif, reçoit les douze kamon des samouraïs. Ils sont gravés au laser, avec l’or rose visible sous un revêtement bleu. La montre sera vendue uniquement dans les boutiques Roger Dubuis, à un prix non communiqué. Les précédentes éditions comparables tournaient autour de 342000 euros (400000$).