En bref
- Bugatti révèle la Destrier avant Monterey
- Pièce unique dérivée de la Bolide
- W16 quadriturbo de 1 578 ch conservé
La nouvelle Bugatti Destrier reprend l’ossature de la Bugatti Bolide, mais en troque la radicalité de piste contre une lecture beaucoup plus sculpturale. C’est le point fort du projet. Même base, même W16 quadriturbo de 1 578 ch, et pourtant une présence qui cherche moins le chrono que la pure allure.
Avant sa présentation dans la vallée de Carmel le 14 août, Bugatti a choisi une révélation en ligne. Le constructeur ne laisse donc pas monter le suspense jusqu’à la Monterey Car Week. Et il place d’emblée la Destrier parmi les curiosités les plus suivies du rendez-vous californien.
Une Bolide assagie, pas affadie
La recette est simple sur le papier, plus délicate en exécution. Partir de la Bolide, retirer tout ce qui relève de la traque obsessionnelle de l’appui, puis conserver l’impact mécanique. Le résultat promet une hypercar plus raffinée visuellement, sans perdre la force brute qui faisait l’intérêt de sa sœur.
Frank Heyl, directeur du design de Bugatti, résume cette intention en une formule nette, « La Bolide nous a donné les proportions les plus extrêmes que nous ayons jamais créées, et en les libérant de la quête incessante d’appui aérodynamique, nous les avons laissées parler comme une sculpture pure ». C’est ambitieux, mais la logique tient.

Le Programme Solitaire prend de l’épaisseur
La Destrier est la troisième création unique du Programme Solitaire, la structure de Bugatti pensée pour permettre à certains clients de façonner leur propre variation à partir d’une plateforme existante. Avant elle, la marque avait déjà présenté la Brouillard, puis la F.K.P. Hommage.
En janvier, Frank Heyl expliquait déjà que ces programmes permettaient d’explorer un sujet en profondeur. La Destrier pousse cette idée assez loin, avec une voiture pensée pour une personne, pas pour une série, ni même pour une petite série.
Des références historiques et un vocabulaire équestre
Bugatti relie ce modèle à deux icônes des années 1930, la Type 57SC Atlantic et la Type 57C Tank. La seconde incarnait la brutalité efficace sur circuit, jusqu’à sa victoire aux 24 Heures du Mans 1939. La première reste, pour beaucoup, une forme idéale. Même châssis à l’époque, deux caractères. La comparaison avec le duo Bolide et Destrier n’a rien d’un hasard.
Le nom renvoie au cheval de guerre médiéval, le plus fort, le plus noble. Sur les flancs, la marque voit une énergie contenue, presque musculaire. La teinte Sapphire Celeste est censée rappeler l’éclat d’un pur-sang après l’effort. On retrouve aussi les signatures maison, la C-line et une calandre en fer à cheval plus généreuse que sur la Bolide.

Habitacle sur mesure et présence attendue à Monterey
La voiture ne mesure que 3 pieds de haut, selon Bugatti, ce qui en ferait le modèle le plus bas de la marque. Elle repose sur des jantes de 20 pouces à l’avant et 21 pouces à l’arrière, quand la Bolide se contente de 18 pouces. Dans le compartiment moteur, certaines pièces reçoivent une finition martelée, clin d’œil discret à l’armure battue à la main du chevalier.
À bord, deux cuirs habillent l’habitacle dans un brun Ambre Voyageur, avec un textile 3D tricoté et mêlé de cuivre. Sabine Consolini, responsable color and trim chez Bugatti, insiste sur une exécution retenue, « Rien ne crie. Chaque surface est mesurée, tactile, et pensée pour une seule personne ».
Frank Heyl va plus loin encore, estimant que la Destrier a sa place sur les pelouses des concours dans cinquante ans. D’ici là, elle devrait déjà aimanter les connaisseurs au Quail, A Motorsports Gathering et au Pebble Beach Concours d’Elegance la semaine prochaine.