En bref
- Bugatti présente sa dernière Mistral
- Le W16 quitte la production de série
- Le moteur survit via Programme Solitaire
Le W16 a porté toute la renaissance moderne de Bugatti. Et c’est désormais acté, la 99e et dernière Mistral, dévoilée jeudi par la marque de Molsheim, referme ce chapitre. Ce roadster sera le dernier véhicule de série à quitter l’atelier alsacien avec ce moteur installé derrière les sièges.
Une Mistral pour clore un chapitre central
Cette ultime Mistral n’a rien d’un simple exemplaire de fin de production. Bugatti l’a pensée comme une pièce de passage, presque de transmission. Le modèle, facturé environ 4 600 000 euros (5 millions de dollars), reçoit une livrée bicolore mêlant Pearl et Sparkle.
À bord, même logique. La sellerie associe Magnolia et Grey Carbon Matt, avec la signature d’Ettore Bugatti brodée sur chaque appuie-tête. Le nom choisi par la marque, rapporté comme un thème de présentation, insiste d’ailleurs sur cette idée de dernier exemplaire d’une lignée.
Le moteur qui a porté toute l’ère moderne
Depuis la reprise de Bugatti par le Volkswagen Group en 1998, tous les modèles de la marque ont reposé sur ce W16 à quatre rangées de quatre cylindres. La Veyron, puis la Chiron, et leurs multiples déclinaisons, ont toutes utilisé cette architecture. Pour la marque, le symbole est massif.
Mais le symbole roule aussi très fort. Le bloc 8,0 litres de la Mistral développe 1 578 ch et 1 180 lb-pi de couple. De quoi passer de 0 à 62 mph en 2,4 secondes et atteindre 282 mph. Ce chiffre n’est pas théorique, la Mistral World Record l’a atteint à l’automne 2024, devenant la voiture de production découvrable la plus rapide de l’histoire.
Bugatti W16 Mistral" width="1344" height="756" />Pourquoi Bugatti tourne la page maintenant
Le calendrier ne doit rien au hasard. Plus tôt cette année, Porsche a cédé sa participation de 45 % dans Bugatti Rimac, née de la fusion entre Bugatti et Rimac en 2021. Résultat, le Volkswagen Group ne contrôle plus le constructeur.
Dans le même temps, la prochaine voiture de la maison, la Tourbillon, passera à une nouvelle chaîne de traction hybride. Elle associera un V16 atmosphérique de trois pieds de long à trois moteurs électriques. Le basculement est donc industriel autant que technique.
Une porte reste ouverte pour les clients les plus privilégiés
La fin du W16 n’est pourtant pas absolue. Pas en série, oui. Mais Bugatti laisse une issue à ses clients les plus proches via Programme Solitaire, sa division dédiée aux modèles one-off et few-off.
Les deux premières créations de cette entité, Brouillard et FKP Hommage, utilisent déjà ce moteur. Le W16 sort donc par la grande porte, tout en gardant un discret salon privé au fond du couloir.