En bref
- Hennessey lance une hypercar manuelle très analogique
- Inspirée du SR-71, production limitée à 71 exemplaires
- Début attendu en 2028 ou 2029
Hennessey Special Vehicles change de registre. Avec la Blackbird, dévoilée comme sa deuxième création entièrement nouvelle, le constructeur texan ne cherche pas d’abord à écraser la concurrence au chiffre brut. Il vise une hypercar plus habitable, capable de rouler loin sans épuiser son conducteur.
Une hypercar conçue pour durer sur la route
Chez Hennessey, ce projet tranche avec la lignée récente des Venom F5, de la version 2020 donnée pour plus de 300 mph à la Venom F5 Evolution de 2 031 ch, sans oublier la Venom F5-M à boîte manuelle présentée plus tôt cette année. Cette fois, la marque dit avoir écouté sa clientèle. Son directeur du design, Nathan Malinick, résume l’idée ainsi, « il y a un désir très fort de retrouver un lien matériel, une sensibilité analogique ».
Le cahier des charges venait de John Hennessey. Selon Nathan Malinick, il fallait pouvoir parcourir 800 miles en une journée, soit environ 1 287 kilomètres, sans finir cassé, et emporter de quoi partir une semaine. Résultat, la voiture prévoit de la place pour deux bagages cabine à l’avant, d’autres pièces sous le panneau arrière latéral, puis encore deux sacs souples derrière les sièges.

V8 atmosphérique et boîte manuelle, le parti pris rare
La Blackbird reçoit un nouveau V8 atmosphérique de 6,2 litres développé avec Ilmor Engineering, déjà partenaire moteur de la Venom F5. Il grimpe à 9 000 tr/min et, d’après Nathan Malinick, il doit devenir le V8 homologué route le plus puissant jamais produit.
La puissance finale n’est pas encore arrêtée, mais la cible annoncée se situe entre 800 et 900 ch envoyés aux roues arrière via une boîte manuelle à six rapports. Les performances visées restent très sérieuses, avec un 0 à 60 mph en 2,5 secondes et une vitesse de pointe de 220 mph.
Le SR-71 partout, de la ligne aux détails
L’inspiration du SR-71 Blackbird irrigue toute la carrosserie en fibre de carbone. Le trait le plus visible, c’est la ligne dite chine sur les flancs, reprise directement de l’avion. Le reste du dessin privilégie des volumes amples et des surfaces fluides, un choix assez juste pour une auto qui veut vieillir avec élégance.
À l’arrière, les stabilisateurs verticaux actifs poussent la référence plus loin. Ils se déploient à 71 degrés, automatiquement dès 71 mph. L’échappement à quatre sorties en losange reprend, lui, la disposition du Bell X-1, premier appareil à franchir le mur du son avec Chuck Yeager. Ce motif en diamant se retrouve même dans les quatre porte-gobelets.

Un habitacle sans écran et une série déjà promise à la rareté
Les portes papillon ouvrent sur un cockpit sans écran. Le compte-tours domine l’instrumentation, la grille de sélection s’expose dans une console centrale ajourée, et Apple CarPlay, Android Auto comme l’audio passent par le smartphone connecté en Bluetooth. Nathan Malinick défend cette solution, « nous voulons que cet intérieur dure ».
La production devrait démarrer en 2028 ou 2029. Elle sera limitée à 71 exemplaires, à partir d’environ 2 160 000 euros (2,5 millions de dollars). Nathan Malinick estime même que tout pourrait être vendu pendant la Monterey Car Week, où un prototype de présentation doit apparaître le 14 août au Quail, a Motorsports Gathering.