En bref
- Renault dévoile une 8 Gordini électrique
- 270 ch, propulsion, coupé deux places
- Aucune production prévue, exposition à Paris en 2026
On ne pourra pas l’acheter. Et c’est presque le plus intéressant. Avec cette Renault 8 Gordini Concept, Renault signe un manifeste de style autant qu’un hommage technique, dans la continuité de sa séquence néo-rétro. La marque précise qu’il s’agit d’une pièce unique, visible au salon de Paris 2026, du 12 au 18 octobre.

Un exercice de style, pas une future série
Chez Renault, l’idée n’est pas de lancer une nouvelle sportive de niche. Le constructeur explique plutôt vouloir tester sa manière de réinterpréter une de ses icônes. Résultat, un projet très libre, nourri par plus de 300 propositions internes. Deux pistes sont allées jusqu’au stade de la maquette à l’échelle 2:5, avant un assemblage des meilleurs éléments.
Ce choix dit quelque chose. La marque fouille son histoire, mais sans recopier ses modèles trait pour trait.
Une silhouette neuve, nourrie par la 8 Gordini
La voiture n’a plus grand-chose d’une berline sage des années 1960. Ici, on a un coupé deux places, bas, large, presque compact dans ses proportions, avec 4,12 m de long, 1,88 m de large et seulement 1,27 m de haut. Les roues accentuent l’effet, 19 pouces à l’avant, 20 à l’arrière.
Pour le reste, Renault a gardé les bons codes. La teinte bleu inspirée du Bleu de France, les doubles bandes blanches, les ailes carrées, les projecteurs ronds, la poupe qui évoque l’ancienne 8 Gordini. Même l’ancienne nervure en creux sur les flancs survit, avec cette fois une fonction aérodynamique puisqu’elle canalise l’air vers une ouverture.
Propulsion électrique, clin d’œil mécanique bien choisi
Sous la carrosserie, le concept reçoit un moteur électrique de 270 ch envoyé aux roues arrière. Ce point n’a rien d’anecdotique. La propulsion fait écho à la configuration de la Renault 8 Gordini d’origine, qui entraînait déjà l’arrière.
Bon, on reste loin de la simple évocation cosmétique. Sur ce projet, le rappel historique passe aussi par l’architecture.

Un habitacle sobre, plus fin que démonstratif
L’intérieur est sans doute la partie la plus juste. Au lieu d’empiler les grands écrans, Renault retient une planche de bord minimaliste avec panneau en aluminium brossé et petits afficheurs ronds numériques. Il y a de l’Alcantara, du velours côtelé bleu sur les baquets, et un bouton rouge de chronomètre très appuyé.
Les bandes blanches ne s’arrêtent pas dehors. Elles traversent aussi l’habitacle, au sommet de la planche de bord, puis virent au bleu. On trouve encore un lettrage Gordini retravaillé, un emblème 8 composé de huit segments, des rétroviseurs en forme de coque et des optiques avant qui réinterprètent la fameuse signature à six feux.
Renault pousse plus loin sa veine néo-rétro
Après les retours des Twingo, Renault 4 et Renault 5, et après le concept R17, la logique se confirme. Renault exploite ses archives avec méthode, et parfois avec panache. Le fait que la marque vende déjà la 5 Turbo 3E comme une mini-supercar montre quand même que la frontière entre hommage et produit réel devient plus poreuse qu’avant.