En bref
- Bentley dévoile le nom Torcal
- Présentation complète annoncée en septembre
- Premier EV, autonomie annoncée au-delà de 300 miles
Bentley a donné un nom à sa première voiture 100 % électrique, Torcal, et publié une première image teaser. Ce n’est pas un détail de communication. Pour une maison aussi attachée à son héritage, baptiser un modèle revient déjà à fixer un cap, surtout quand il doit ouvrir une séquence nouvelle dans l’histoire de la marque.
Un nom qui prépare déjà le terrain
Le constructeur explique que Torcal renvoie à El Torcal de Antequera, en Andalousie, un paysage rocheux spectaculaire. Bentley ajoute une autre piste, plus mécanique, en rattachant le nom au latin torquere, « tordre », racine dont dérive aussi l’idée de couple.
La marque y voit une forme de progression sans effort. L’association est travaillée, bien sûr, mais elle dit quelque chose de l’ambition du projet, un SUV urbain de luxe qui veut conjuguer présence, mouvement et modernité.
Le premier jalon concret d’un virage repoussé
En toile de fond, il y a la stratégie d’électrification de Bentley. Dès 2020, la marque visait une gamme entièrement composée d’hybrides rechargeables ou de modèles électriques à batterie d’ici cette année, avant une bascule totale vers l’électrique en 2030 avec le plan Beyond 100.
Le calendrier a depuis glissé. En 2024, Bentley a revu sa feuille de route avec Beyond 100+, en repoussant l’échéance du 100 % électrique à 2035, en invoquant un rythme insuffisant de la demande et des infrastructures. La promesse, elle, n’a pas changé, le premier modèle électrique dévoilé en 2026 doit créer un segment inédit, celui du Luxury Urban SUV.
Une électrique pensée d’abord comme une Bentley
À Crewe, un prototype proche de la série a déjà été montré à quelques observateurs. Le véhicule mesure 16,4 pieds de long, soit près de 5 mètres, et Bentley avance une autonomie supérieure à 300 miles. Cela représente un peu plus de 480 kilomètres.
Surtout, la marque semble suivre une ligne assez claire. Là où d’autres veulent faire rupture, Bentley cherche visiblement à préserver sa signature. L’idée rappelle l’approche défendue chez Rolls-Royce avec la Spectre, une voiture pensée d’abord comme une Rolls-Royce, ensuite comme une électrique. À voir les premières impressions sur le style et les finitions, le Torcal ne jouerait pas la provocation esthétique.
Frank-Steffen Walliser, le directeur général mondial de Bentley, résume cette intention en disant que l’auto attirera des amateurs de technologie à la recherche d’une expression différente de leur voiture. Il ajoute, « C’est clairement une Bentley, mais elle franchit une nouvelle étape et modernise tout ». Puis il tranche sur le sujet du dessin, « Il n’y a pas de design EV derrière ».
Ce que le Torcal doit annoncer pour le reste de la gamme
Le plus intéressant est peut-être là. Interrogé sur une possible diffusion de ce nouveau langage vers les autres modèles, Frank-Steffen Walliser a répondu sans hésiter que oui, en citant la Bentayga, la Flying Spur et la Continental GT. Il insiste aussi sur le temps investi dans la recherche, notamment sur les matériaux.
Les détails d’ingénierie restent sous clé. Mais Bentley donne déjà deux informations utiles, son premier SUV électrique veut rester identifiable au premier regard, et il servira de laboratoire esthétique pour le reste de la gamme. La réponse sur les performances arrivera en septembre, lors de la présentation complète.